13/09/2014 21:24
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Pourquoi le monde agricole ne doit-il pas perdre la bataille de la communication ?

La coopération agricole, avec son modèle économique et la diversité des structures qui la composent, a tout à gagner à se faire connaitre du grand public. Et cette compréhension de la société sera un atout au niveau des relations avec le monde politique. Ou en est on de la campagne nationale de communication ? Quels sont les enjeux et les perspectives ? Sur le plateau TV Agri – EMC2 à Verdun Expo, Jean Paul Hébrard reçoit Philippe Mangin, Président d’EMC2 et de Coop de France et Jean Luc Pelletier, Président des Chambres d’Agriculture de la Meuse et de Lorraine.

La première phase de la campagne de communication lancée par la coopération agricole a été vue pendant sept semaines en février et mars 2014 par 39 millions de téléspectateurs. L’institut de sondage IPSOS a mesuré les retombés et conclut que plus de 60% des personnes ont retenu le message. La deuxième phase débutera en octobre sur un bouquet plus important de chaines de télévision, accompagnée par des messages radio sous forme de mini journal au cours desquels des dirigeants de coopératives interviendront. Il s’agit là, d’une campagne massive en termes d’impact et d’investissement, soutenue par plus de 600 coopératives. « Notre mouvement, complètement méconnu, ne serais pas reconnu s’il n’avait l’appréciation, le soutien, la notoriété qu’il mérite auprès de l’opinion publique » affirme Philippe Mangin. En Meuse, Jean-Luc Pelletier mène une action plus modeste. « Nous avons initié avec les Organisations Professionnelles Agricoles, une communication à travers neuf panneaux, implantés en bord de route, permettant de communiquer en permanence avec le grand public pour redonner de la notoriété à la profession » explique le Président de la Chambre d’Agriculture. De manière générale, nous sommes face à une incompréhension de la société pour son agriculture. Elle ne comprend pas les réalités, ne sait pas ce qu’elle représente dans le secteur économique. « Notre modèle mérite d’être davantage connu » commente Philippe Mangin. « Et nous avons besoin de l’opinion pour convaincre la classe politique » insiste le Président de Coop de France. « Nos politiques sont de plus en plus éloigné du monde économique et n’ont jamais vécu le monde de l’entreprise. Ceci devient un réel handicap ». « Il y a un vrai défi lancé à la société française qui est de réformer sa classe politique. La société civile doit pénétrer le monde politique et il y a une très grosse réforme de l’administration à réaliser pour redonner de l’initiative et l’esprit d’entreprendre » précise-t-il. Il est important de communiquer vers le monde politique car ce sont eux qui prennent les décisions au quotidien. « Il faut une véritable expertise, démontrer aux hommes politiques la nécessité des décisions, étayer son argumentation. Et il n’y a pas de lobbying possible s’il n’y a pas la compréhension de la société » affirme Philippe Mangin. La communication n’est pas une fin en soi. Il faut faire connaitre le modèle coopératif et obtenir l’adhésion de l’opinion à notre mouvement. La communication, c’est aussi le rôle du Ministre de l’Agriculture et Philippe Mangin constate que Stéphane Le Foll intervient peu sur l’Agroalimentaire alors que c’est un secteur qui souffre et où il y a beaucoup à faire. « J’en appelle à un Grenelle de l’alimentation. Il faut mettre tous les acteurs des filières autour de la table pour effectuer un exercice prospectif qui nous permette de voir comment chaque maillon peut à nouveau entrer dans une stratégie de conquête de valeurs » conclut-il.

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