20/02/2015 18:05
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L'invité du mois - Jean-Marie Seronie

« L’invité du Mois » reçoit Jean-Marie Seronie, Agro-économiste. Il est interviewé par Denis le Chatelier, journaliste indépendant. Ils débattent sur l’agriculture française, évoquent ses talents et ses défauts, ses évolutions, sa position actuelle, son avenir ...

Jean-Marie Seronie vient de publier un essai intitulé « L’agriculture française, une diva à réveiller ? ». Il y explique que la France agricole a beaucoup de talents mais aussi beaucoup de défauts qui l’empêchent d’avancer et de tenir le rang qui devrait être le sien. Ses talents sont connus. Il s’agit d’un « excédent agroalimentaire important, une alimentation de très bonne qualité, une régularité dans la production ». « Et en même temps des agriculteurs qui n’ont pas trop le moral. On profite moins que nos concurrents de l’expansion des marchés mondiaux » constate Jean-Marie Seronie. En cause, notre frilosité à l’exportation due à ce nouveau contexte, notamment une variation des prix qui nécessite de s’adapter. A la fin des années 80, nous avions des stocks dont nous ne savions que faire. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la même problématique. La question est « Est-ce qu’on arrivera à nourrir tout le monde ? ». A cette même époque, dans le Loiret où il résidait, se posait une question : « Jusqu’où vont se dépeupler les villages et à partir de quand des terres ne seront plus cultivées ? ». Aujourd’hui, les campagnes n’ont jamais été aussi peuplées. Pour les agriculteurs, c’est une vie sociale, des marchés de proximité, des circuits courts. On parle depuis 6 mois de crise laitière, mais les producteurs n’ont jamais été payés aussi cher qu’aujourd’hui. En céréales on est encore sur des prix globalement élevés. « Et tout laisse à penser que sur la décennie à venir, nous y serons toujours, de par les tensions sur les marchés » estime Jean-Marie Seronie.* « Il faut accepter le monde dans lequel on vit tel qu’il est. On peut se battre en tant que militant pour changer le monde, mais en tant que chef d’entreprise, on doit prendre ses positions dans le monde tel qu’il est » affirme-t-il. C’est un monde de prix variables plutôt élevés et plutôt bien orienté avec une demande agricole qui croit et va continuer à croitre. Notre invité s’interroge : « Comment se fait-il que dans les céréales, la majorité des opérateurs soient des coopératives alors que dans la production laitière, les grands succès soient privés ? D’où vient cette différence ? ». Les coopératives savent très bien maitrisé les questions de logistique mais quand il faut investir dans la Recherche et Développement, les entreprises privées sont plus agiles. Bien sûr il y a des contre-exemples comme la coopérative Agrial et sa marque Florette. Le monde agricole français a su construire des outils coopératifs dans différents secteurs et il faut savoir les adapter. Jean-Marie Seronie se dit très optimiste pour l’agriculture française. « Le nombre d’agriculteurs va continuer à diminuer mais l’important est d’avoir des chefs d’entreprise heureux, bien dans leur peau et qui produisent une agriculture de qualité, un environnement, des paysages » conclut-il.

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