02/06/2015 17:13
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L'invité du mois - Eddy Fougier

« C’est un phénomène qui se développe de plus en plus. Les marches du 23 mai dernier contre les OGM se sont déroulées dans 50 pays » constate Eddy Fougier. C’est un phénomène international et qui s’est développé en France depuis une vingtaine d’années. Ces mouvements peuvent être considérés comme un « boulet » pour nos agricultures mais aussi comme une chance ou une opportunité pour répondre aux inquiétudes des consommateurs. Notre invité estime que « ce sont effectivement des contraintes, mais aussi un facteur d’innovation qui permet d’envisager une nouvelle façon d’aborder et l’agriculture et les rapports avec les consommateurs ». Il existe pour les consommateurs des modes de production de plus en plus critiqués autour de l’introduction de produits chimiques et autour des questions de manipulations génétiques. Toutefois, ce phénomène est Européen. Il n’y a donc pas de distorsion de concurrence entre les agricultures européennes. Pour Eddy Fougier, « l’enjeux principal est dans les rapports entre l’Europe et des pays comme le Brésil ou les Etats-Unis où la contestation est faible ». L’économie collaborative ? Ces pratiques vont-elle se développer ? En agriculture, quelle forme pourrait prendre ce type d’économie ? « Il faut être prudent sur ce type de phénomène. Il y a un élément lié à la crise, une quête de pouvoir d’achat de la part des consommateurs qui cherchent à échanger, partager à des coûts faibles », estime Eddy Fougier. Il existe un aspect militant pour ceux qui veulent une consommation alternative, un autre mode de production agricole comme les AMAP, autour du concept d’agriculture paysanne. « Il y a un autre aspect sur lequel il faut attirer l’attention. Il s’agit d’une remise en cause quasi systématique, dans certains secteurs, des intermédiaires » constate le chroniqueur. Pour l’agriculture, on n’est pas sur du service mais sur de la production de biens. Donc c’est plus le mode de distribution qui est remis en cause. Il s’agit là de développer des circuits courts, d’instaurer des nouveaux rapports de confiance entre le producteur et le consommateur. Un autre aspect de l’économie participative peut intéresser les agriculteurs, il s’agit du financement participatif : des agriculteurs, des coopératives cherchent à financer des projets via le « Crowfunding ». Ce peut être un mode de financement intéressant pour des projets novateurs. « L’Avenir, c’est plus de direct entre producteur et consommateur via les technologies » prédit Eddy Fougier. Et de conclure : « Les innovations en matières de technologies sont très importantes, notamment autour des notions d’agriculture de précision. La connexion qui peut exister entre ces innovations technologiques et un nouveau rapport avec le consommateur, c’est ce qui peut rester de cette économie collaborative au-delà de l’aspect militant ou de l’aspect mode ».

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