14/09/2014 21:31
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Cours & marchés : A-t'on des raisons d'être optimistes ?

Aujourd’hui, les cours sont orientés à la baisse, mais la multiplicité des facteurs pouvant intervenir induit une fluctuation, prévisible ou non. Pour comprendre quelles pourraient être les évolutions dans les semaines à venir, Jean-Paul Hébrard reçoit sur le plateau TV Agri – EMC2 à Verdun Expo, Claude Gorgelet, Directeur d’AgritechTrade et David Meder, Responsable Céréales à EMC2.

AgritechTrade suit l’information sur la planète, la décrypte et redonne la tendance aux agriculteurs en ce qui concerne les cours du blé et du maïs et même jusqu’au pétrole. Pour la coopérative EMC2, la moisson 2014 a été particulièrement compliquée. Explications de nos invités… A propos de la récolte en cours, « nous constatons une année de grande hétérogénéité pour les blés », constate David Meder. « Les orges de printemps présentent des problèmes de qualité et de tenue de germination dans le temps et la moisson des colzas est bonne dans l’ensemble ». Concernant la germination des blés, « nous avons analysé la totalité des apports afin de déterminer le temps de chute de Hagberg » poursuit-il. « Les résultats de cette analyse donnent la qualité de l’amidon contenu dans le grain et détermine la valorisation future, meunière ou amidonnière ». Sur les sites portuaires, la coopérative a mis en place quatre classes d’allotement des blés. Une première pour les blés à vocation fourragère et trois autres types de lots à retravailler à l’aide de procédés techniques afin d’assurer une meilleure rémunération de ses adhérents. Malgré l’importance de l’ensilage, la récolte de maïs s’annonce une fois et demie supérieur à celle de l’an passé. Mais tout dépendra des prix ! Claude Gorgelet constate que « les cours du blé ont chuté fortement et celui du maïs est très bas ». Les Etat-Unis font une collecte de maïs record. En Europe, l’estimation de la production est revue à la hausse tous les quinze jours et sur la Mer Noire, les statistiques annoncent de bons rendements. « Tous les indicateurs sont au rouge pour laisser les cours au niveau où ils sont aujourd’hui » précise Claude Gorgelet. Mais nous ne sommes pas à l’abri de retournements de situation… « Les fondamentaux représentent l’offre et la demande, ce qui est naturel. Mais, depuis 2007, la finance, par le biais d’investisseurs institutionnels ou privés, est rentrée dans le jeu. Ils achètent des lots sur le marchés pour faire des bénéfices en les revendant » explique le Directeur d’AgritechTrade. Aujourd’hui, les financiers sont à l’affut, prêt à acheter. Si c’est le cas, il y aurait un retournement de tendance induit par des facteurs externes au mécanisme d’offre et de demande : la géopolitique en zone Mer Noire, la crise Ukrainienne et les tensions entre la Russie et l’Europe de l’Ouest… On remarque l’interconnexion entre les différents secteurs d’activité. Le prix des matières premières énergétiques, principalement le gaz d’origine russe, pourrait « flamber » s’il y a fermeture de l’approvisionnement, les oléoducs passant par l’Ukraine. Ceci entrainerait une répercussion sur les matières premières agricoles avec un retour de la hausse lié au phénomène de déflation. Tout est compliqué, tous les marchés sont liés entre eux et les mécanismes sont complexes. Cependant, les scénarios sont plutôt optimistes…

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