13/09/2014 21:28
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Biocontrôle : Les géants de l'agrochimie vont-ils s'emparer du marché ?

Le biocontrôle est un des axes pour diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires. Les structures membres d’IBMA France en assurent le développement mais les grands groupes de l’agrochimie comme Monsanto s’y intéressent également. Pour nous éclairer sur ce marché émergent, Jean-Paul Hébrard reçoit sur le plateau TV Agri – EMC2 à Verdun Expo, Mathias Sexe, Directeur Agronomie et Développement à EMC2 et Denis Longevialle, Secrétaire Général d’IBMA France.

IBMA (International Biocontrol Manufacture Association) se décline dans notre pays sous l’Association Française des Fabricants de Produits de Biocontrôle. L'IBMA France a pour rôle de promouvoir l'utilisation des produits de biocontrôle en agriculture. En tant qu'association professionnelle elle regroupe les entreprises, pour communiquer, expliquer et faciliter la diffusion de ces produits dans le monde agricole. « Le biocontrôle est un système de protection des plantes qui s’appuie sur les mécanismes naturels. Il gère l’équilibre des populations d’agresseurs sans chercher à les éradiquer » explique Denis Longevialle. En France, IBMA fédère un panel d’entreprises de toutes tailles. Depuis quelques années on voit des grands groupes s’intéresser au biocontrôle, tout comme il se crée annuellement 10 à 20 startup dans cet univers. 10 des 36 sociétés membres d’IBMA France adhèrent également à l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) donc intervienent également dans le domaine de l’agrochimie. « Aujourd’hui, Monsanto, comme les autres grands groupes de l’agrochimie s’intéressent davantage au biocontrôle » constate Denis Longevialle. Et c’est une chance car cela apporte d’autres moyens, l’objectif étant que cette stratégie représente à l’horizon 2020, 15% du marché de la protection des plantes. « Le biocontrôle est une technique très intéressante. C’est un des axes pour diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires » précise Mathias Sexe. Il faut du temps pour rendre les innovations rentables et efficaces auprès des agriculteurs. « A EMC2, nous faisons la promotion des trichogrammes » indique le Directeur Agronomie et Développement de la coopérative. Ce sont de petites guêpes qui pondent dans les œufs de pyrales, un ravageur du maïs. Ce mode de reproduction parasitaire conduit toujours à la mort de l'hôte. Il existe également un anti limace bio qui se substitue aux produits chimiques. Ces deux exemples de biocontrôle fonctionnent et sont efficaces. Les autres solutions sont en phase de recherche. EMC2 est actionnaire d’ARD, organisme de recherche et développement. Des travaux sont en cours mais n’ont pas encore débouchés sur quelque chose d’efficace et de suffisamment rentable. Il faut laisser le temps à la recherche. « Avec cette forte dynamique autour du biocontrôle, on voit s’agréger un grand nombre d’acteurs. Depuis deux ans, 43 organisations professionnelles travaillent à son émergence. C’est très prometteur, même s’il faudra attendre quelques années pour que ce qui est dans les cartons des chercheurs soit disponible en culture » conclut Denis Longevialle.

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