29/08/2017 17:29
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Bilan expérimentation 2017

La moisson 2017 est très atypique. Cela se vérifie sur tout le territoire EMC2. Il en est de même pour la moisson des essais du service agronomie d'EMC2. Olivier Samson, Responsable agronomie nous trace un premier bilan des expérimentations 2017.

La campagne 2017 restera dans les annales à plusieurs titres : Difficultés d’implantation des colzas et des céréales à l’automne avec les conséquences que l’on sait sur la sole en colza extrêmement réduite voire quasi-absente sur certains secteurs, - Une période sèche qui démarre dès le mois de mars et se poursuit jusqu’à la moisson dans les zones les plus touchées, - Des épisodes de gels tardifs qui affectent aussi bien les céréales (tout particulièrement les escourgeons) que les colzas. - La météorologie capricieuse a aussi rendu cette campagne particulièrement compliquée au niveau expérimental. On peut d’ores et déjà tirer un bilan rapide des essais 2017 mis en place par le service agronomie. Colza Les 3 essais lorrains situés à Etain (55), Jeandelize et Mars la Tour (54) ont dû être abandonnés. Les 2 essais très précis sur les secteurs d’Andelot et de Chaumont (52) ont quant à eux apporté des données variétales fiables avec un potentiel de rendement qui reflète complètement l’année 2017, qualifiée d’exceptionnelle par Terres Inovia, au niveau national. Ce printemps a aussi permis de tester, d’évaluer et de valider des solutions techniques nouvelles efficaces pour lutter contre les méligèthes en remplacement du Pyrinex ME, retiré du marché en 2017. En céréales, malgré l’extrême sécheresse du printemps qui pénalise fortement les niveaux de rendement, notamment sur le site de Mars la Tour (54), le plus affecté par le manque d’eau, les essais restent précis et permettent de discriminer les variétés. Escourgeon La plate-forme située à Etain (55) a été très touchée par la mosaïque (souche Y2). Après avoir cru à des dégâts de froid, nous avons procédé à des analyses de plantes qui ont montré qu’il s’agissait du virus de la mosaïque. Nous disposons donc désormais d’un classement variétal fiable sur ce sujet : les variétés tolérantes, type Joker ou Chrono étaient bien indemnes alors que les autres démontrent des niveaux de résistance bien différents avec des effets significatifs sur le rendement. A titre d’exemple, on a pu noter le bon comportement d’Etincel dans cette parcelle touchée par la mosaïque. La plate-forme de Cirey les Mareilles (52) tire les rendements vers le haut et apporte des résultats dans une situation plus classique : elle permet de dégager quelques nouveautés d’avenir, Pixel dans la catégorie des brasseries (à confirmer) et KWS Akkord pour les fourragères. Blé Malgré des niveaux de rendement modestes en moyenne, 2017 apporte des informations particulièrement fiables sur le comportement des variétés au stress hydrique. Elle est très complémentaire de la campagne 2016, qui a été marquée par des attaques de septoriose et de fusarioses sans précédent et des qualités médiocres. Les rendements moyens sur les plate-formes s’échelonnent de 45 à 90 q/ha. Nous tirons donc des informations concrètes à la fois sur l’adaptation des variétés au stress hydrique et sur leur potentiel dans des situations plus favorables. Les variétés récentes type Syllon, KWS Dakotana confirment une grande régularité, alors que les nouveautés de la gamme 2017 (Absalon, Mutic et plus encore Chevignon et Pastoral) sont comme en 2016 dans le haut du panier. Seule ombre au tableau, peu de réponses fongicides fiables (écarts faibles entre les modalités testées) en 2017. Heureusement, la campagne précédente avait permis de constituer des références robustes en matière de connaissances produits et de stratégies de lutte. Orges de printemps Les analyses sont encore en cours concernant les orges de printemps, mais on peut d’ores et déjà annoncer que RGT Planet reste encore intouchable. En potentiel de rendement, malgré le nombre toujours croissant de variétés testées (inscrites et non inscrites) elle se distingue clairement des autres. Pour les autres cultures de printemps, on peut distinguer : Les protéagineux (pois et féveroles) ainsi que le lin oléagineux, qui subissent de plein fouet les conditions sèches durables du printemps 2017 : les niveaux de rendement sont particulièrement faibles et les écarts entre les modalités testées minimes. A l’inverse, les cultures à cycle estival s’en sortent à merveille. C’est le cas des tournesols, très prometteurs, même si les conditions de récolte seront déterminantes. C’est le cas aussi des maïs, qui vont être ensilés avec une dizaine de jours d’avance par rapport à la normale. Les récoltes de nos 4 plate-formes ensilage (Bonnecourt , Jonchery (52), Spada et Blanzée (55)) sont prévues du 4 au 11 septembre). Enfin le soja, culture anecdotique dans nos secteurs lorrains et haut-marnais est particulièrement à son aise en 2017 grâce aux pluies abondantes de juillet-août qui ont permis de couvrir la période de floraison et de remplissage du grain sans le stress habituel préjudiciable. Le constat à ce jour : Potentiel de rendement élevé (9 étages de gousses en moyenne) Quid de la date de récolte ? sur les 20 variétés présentes, seules 5 semblent suffisamment avancées pour espérer une récolte avant la mi-septembre, qui apparaît comme une date butoir pour assurer des chantiers de récolte à des humidités acceptables.

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